« ENTRE-TEMPS » EXPOSITION DE
DAVID FALCO (photographie) et LUCIE TAÏEB (pièce sonore)






« ENTRE-TEMPS »
EXPOSITION DE DAVID FALCO (photographie) et LUCIE TAÏEB (pièce sonore)

du 4 mai au 23 juin 2019.

Vernissage le samedi 4 mai 2019 à 17h30.
Suivi d’une présentation publique de l’exposition à 19h30.
Ouverture les vendredis, samedis et dimanches de 14h30 à 18h30
ou sur rendez-vous.
la gare / le quai 294M9
71740 Saint-Maurice-lès-Châteauneuf

Participation libre


David Falco est diplômé de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier en 2001. Il développe par la photographie et plus récemment par la vidéo, une réflexion à la démarche éclectique, documentaire,  ctionnelle et onirique, sur notre relation au monde, l’appréhension de l’espace, de la nature et du paysage.

Suite à ses voyages en Laponie suédoise et norvégienne (2003-2004), puis sur le volcan Stromboli des îles Éoliennes (2005), il réalise deux expéditions, en 2005 et 2006, dans l’archipel norvégien du Svalbard situé dans l’Océan Glacial Arctique.
En 2008, il est lauréat du Prix Kodak de la critique Photographique avec la série « Spitzberg 78,15 ° N 16 ° E ».

En août 2009, en collaboration avec l’Université du Svalbard (UNIS), il participe à une expédition scientifique autour de l’archipel du Svalbard, et réalise un reportage photographique à propos du travail de recherche et de l’enseignement de la biologie marine arctique à bord d’un navire scienti que. Depuis 2016, il est membre de l’Obser- vatoire photographique des Pôles.
Ses photographies ont été exposées en France, en Angleterre et plus récemment au Canada. En 2017, son travail est sélectionné pour la 5e édition « FOTOFILMIC17 », et fait l’objet d’une exposition collective itinérante internationale (2018-2020).

Entre 2010 et 2019, il poursuit ses recherches photographiques et vidéos en France et en Espagne, notamment dans les Alpes et les Pyrénées, où il réalise les séries : « Entre- temps, après Caspar David Friedrich 1774-2017 » et « Entre-temps II » (réalisée avec le concours  nancier de la Région Nouvelle-Aquitaine, 2015-2018), « Paysage avec  gures » et « Sad landscape » (réalisée avec la bourse d’aide à la création de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, Région Nouvelle-Aquitaine, 2015).

Lucie Taïeb est née en 1977 à Paris et a poursuivi des études à Vienne et à Berlin.  Écrivaine et traductrice, Elle a notamment publié Safe (Éditions de l’Ogre, 2016) et Peuplié (Éditions LansKine, 2019) et donne régulièrement des lectures de ses textes.  « D’un temps profond », a été écrit en 2018, en écho aux photographies de David Falco et à l’occasion de l’exposition « Zones Blanches - Récits d’exploration » du Musée et du Cyel Pôle Culture de La Roche-sur-Yon. Ce texte a été publié aux Éditions le Bec en l’air dans le volume collectif "Zones Blanches" coordonné par Hélène Gaudy.  La pièce sonore, enregistrement de ce texte lu par l’auteure, a été créé et sera diffusée lors de l’exposition « Entre temps ».



D’un temps profond

Lucie Taïeb,
en écho aux photographies de David Falco.

« Le noir d’une terre carbonifère, les veines ajourées, strates de roches issues d’un temps profond. Le rouge insolite et la neige salie, approchez-vous encore, qui a dit que le Nord était blanc ?

Nous ne nous souvenons pas du Spitzberg. Ce n’est plus qu’une suite de lettres, que l’on reconnaît, car elle désigne notre rêve, mais qu’on ne saurait plus prononcer. Spitzberg a cessé d’être un nom depuis que les lieux ont disparu, et avec eux, les noms qu’ils portaient. Nous avons encore les cartes et il nous reste des images, mais plus rien ne nous permet de distinguer entre le monde tel qu’il a pu être, et celui qui fut imaginé, inventé, recréé. (...)

Était-ce il y a un siècle ? Un millénaire ? On dit que plus on avance en âge, plus les années passent vite, et peut-être que ce qui est vrai à l’aune d’une vie humaine l’est aussi à celle de toute l’humanité. Quoi qu’il en soit, nous avons perdu le compte. Nous avons été occupés à autre chose, ces derniers temps, qu’à la mesure des années. Survivre est une activité prenante.

On sait seulement que cela a commencé presque imperceptiblement, des terres jadis sèches et bientôt immergées, la côte grignotée peu à peu, et les populations contraintes à la fuite. Les prémices furent étonnamment lentes, et l’on aurait pu croire que tout en resterait là ; une anxiété, en regardant les eaux monter. (...)

Elles n’ont rien d’hospitalier, ces terres noires où persiste un fantôme de neige, mais c’est vers elles d’abord que je veux me tourner, c’est à leur appel qu’il me faut répondre. J’ai entendu et cru ces légendes d’un immense grenier enfoui sous ces montagnes, un trésor de graines laissé là par ceux d’avant, et qui nous permettrait de nourrir des générations entières de nos tribus.

J’ai rêvé des hommes qui ont peuplé ces terres, ceux qu’on ne voit nulle part sur les archives, et j’ai imaginé les créatures qui leur tenaient compagnie, ours, chiens, bêtes marines et mammifères disparus, au poil aussi sombre que ce charbon, aux yeux d’onyx, aux griffes acérées.
Je n’ai pas l’âme à la conquête, ni même à l’aventure. Je veux simplement aller à la rencontre de ce Nord, transmettre à ceux qui suivent un dessin précis de notre monde, et, pour peu que la chance veuille nous sourire, un trésor de semences qui assurera notre subsistance. (...) »

La pièce sonore, enregistrement de ce texte lu par l’auteure, a été créée pour l’exposition
« Entre-temps » et sera diffusée pendant toute la durée de l’exposition.


Vernissage
 
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